GLOBALADVOCACY . c o m

Chacun d'entre vous peut créer l'évènement!

   




 

 

 

 

LIBAN
Survol de Trente Années Tragiques

M. Albert Sara


Unification de la Résistance libanaise
Vs Palestiniens : "Le Front Libanais"

 

Les chefs chrétiens se groupèrent pour former comme un « conseil supérieur » devant diriger la politique face aux adversaires dont le but devenait bien clair : faire du Liban une patrie de rechange pour les Palestiniens.

Le Front Libanais se constitua donc en Mars 1976 comprenant : Le Président Camille Chamoun, président-fondateur du Parti National Libéral, Cheikh Pierre Gemayel, président des Kataeb, le Dr Charles Malek qui avait été élu Président de l’Assemblée Générale de l’ONU, le Professeur Fouad E. Boustany, recteur de l’Université Libanaise, Edouard Honein, ancien ministre, le R.P. Charbel Kassis, supérieur général de l’Ordre Maronite Libanais. Les supérieurs généraux des autres ordres religieux étaient invités à se joindre (facultativement) à cette formation.

Lorsque, en Février 1976, le Palestiniens tirèrent des obus sur le palais de Baabda endommageant le bâtiment, le Président Frangié transférera les services de la présidence au palais municipal de Zouk, près de Jounieh, et fut en contact permanent avec le Front Libanais.

Espoirs et Angoisses

Les flambées commencèrent à augmenter en fréquence. Mais entre une flambée et la suivante, la vie reprenait son cours normal. Cependant, le gouvernement faible de Rachid Solh (que le Président de la République Frangié avait appelé au pouvoir dans un but – illusoire – d’apaisement) n’osait pas se décider à faire appel à l’armée qui était accusée par l’opposition gauchiste et musulmane d’être «entre les mains des chrétiens».

On sentait, derrière les troubles croissants, la main de la Syrie qui d’ailleurs ne s’en cachait pas.

Enfin, en Juillet 1975, Frangié dut faire appel à Rachid Karamé (imposé par la Syrie) pour former un nouveau gouvernement. Rachid Karamé s’exécuta aussitôt et s’adjugea simultanément les fonctions de Premier ministre et de ministre de la défense nationale, devenant donc le chef suprême de l’armée.

Raymond Eddé, chef du Bloc National (4), leader chrétien modéré et qui avait maintenu son franc parler avec les protagonistes des deux bords, interpella aussitôt Karamé avec son ton familier : « Rachid bey, vous êtes musulman, vous êtes chef du gouvernement et en même temps ministre de la défense. Ainsi, l’Armée est entièrement entre vos mains. Vous ne pouvez donc plus opposer aucune excuse pour ne pas commander à cette armée de rétablir l’ordre et sauver le pays du chaos ».

Mais Karamé, quoique maître de la force armée, s’obstina dans son attitude passive et refusa d’engager l’armée. Cette attitude déçut l’espoir de l’ensemble des citoyens anxieux de voir l’ordre rétabli dans le pays. Il était désormais clair que la Syrie tirait les ficelles pour maintenir un équilibre dans le conflit qui opposait les antagonistes.

L’été 1975 se passa dans un calme relatif, malgré quelques drames restés sans sanctions.

A la mi-Septembre 1975, alors que rien ne présageait une escalade et que les accrochages isolés s’engageaient seulement à coups de kalachnikovs, le canon tonna brusquement à partir de l’Ouest (sous contrôle palestinien), et Beyrouth commença à se scinder en deux dans un climat de guerre.

Que faisait le gouvernement de Rachid Karamé ? Il donnait, par les médias, des conseils apaisants, déclarant vouloir « conserver l’armée comme dernière carte »…

En Octobre 1975, un pas de plus est franchi dans l’escalade : le Souk Sursok, partie populeuse du centre commercial et symbole de la convivialité islamo-chrétienne, flamba dans un incendie impressionnant. Toutes les formations économiques (à majorité musulmane) – Chambre de Commerce en tête – accourent chez Karamé, lui enjoignant énergiquement d’engager l’armée pour rétablir l’ordre et sauver la capitale pendant qu’il en était encore temps. M. Karamé déclara « qu’il allait prendre l’avis d’Abou-Ammar (5) sur la question », se contentant de prodiguer de bonnes paroles.

Le centre-ville, colonne vertébrale de l’économie libanaise, fut alors la proie des pillages par des bandes armées. La rue des Banques du centre-ville vit, au printemps de 1976, le pillage systématique d’au moins 11 banques par les milices palestiniennes qui firent appel à des experts amenés d’Europe, probablement la Mafia elle-même, pour forcer les coffres-forts des caves. Selon le Guinness book of records, le plus grand vol de banque de l’histoire eut lieu à la British Bank of the Middle East où environ $50 millions auraient été pillés. Parmi les milices identifiées, on retrouve la « Saiqua » (milice palestinienne sous le contrôle direct du pouvoir syrien) et le « front démocratique de Libération de Palestine ». On signale que des miliciens des 2 organisations s’entre-tuèrent lors du partage du butin.

L’année 1976 s’écoule au milieu des destructions et des drames les plus sanglants. Des cessez-le-feu laborieusement négociés ne durèrent que quelques jours ou quelques heures …

Ce fut ce qu’on appela « la guerre de deux ans », durant laquelle, on estime le nombre de victimes à plus de 50.000, pour les morts seulement.

Pendant ce temps, les Palestiniens continuèrent à monter en puissance. D’autres fronts s’ouvrirent et la bataille s’étendit à la montagne. Les victoires des Palestiniens et de leurs alliés libanais se succédèrent. Tandis que la position des chrétiens libanais s’affaiblissait militairement, l’emprise palestinienne sur le Liban augmente au-delà des limites autorisées préalablement par le pouvoir syrien, risquant de constituer une menace directe au rôle prépondérant de la Syrie dans la région.

Devant ce changement d’équilibre des forces en jeu, l’armée syrienne décida d’intervenir directement dans le conflit. Début Juin 1976, une colonne de chars syriens pénètre en territoire libanais et investit Saida en s’engageant dans des combats directs avec les forces palestiniennes. Cette nouvelle escalade appelait de façon urgente un règlement de la crise qui risquait de s’étendre à la région.

En Septembre 1976, un nouveau président de la République Libanaise, Elias Sarkis choisi par la Syrie, succéda à Sleiman Frangié dont le sexennat était arrivé à son terme.

4* Bloc National : Parti politique non confessionnel, centriste fondé par Emile Eddé en 1940 qui s'est abstenu de prendre part aux combats armés durant la guerre.

5* Abou-Ammar : nom de guerre de Yasser Arafat, chef de l'OLP.

   

* Prochaine communication le lundi 10 janvier 2005
   Sommets de Riyad - Le Caire (Novembre 1976)    Cliquez ici

doteasy.com - free web hosting. Free hosting with no banners.

 

 

 

 

Copyright © 2004-2005 GlobalAdvocacy.com
All Rights Reserved 
   User Agreement | Privacy Policy