La troisième
semaine de l’entreprise systématique de destruction
planifiée depuis longtemps par Israël, un seul homme
au monde concentre, désormais, sur sa personne toute la répulsion
qu’un être humain normal peut éprouver devant
le crime organisé: George W. Bush.
George W. Bush
est le seul homme au monde, parmi ceux qui assument une responsabilité
nationale et internationale, à proclamer sans rougir que
la destruction systématique d’un petit pays pacifique
(et d’antique civilisation) est, non seulement justifiable,
mais nécessaire pour mener sur la voie de la “Démocratie”
ceux qui survivront dans ce pays martyrisé.
Devant une telle
logique qui est la négation même de la raison, on devient
muet.
***
Dans le sillage
de George W. Bush, l’Amérique toute entière
a-t-elle perdu la raison?
Est-elle toujours
si profondément obsédée par l’agression,
dont sa grande métropole New York avait été
la victime il y a de cela cinq ans, pour que dès qu’on
lui dit “terrorisme” elle devient incapable de faire
la part des choses? De distinguer le juste de l’injuste? Les
causes des effets?
Sa double mésaventure
afghane et irakienne, entreprise sur de faux prétextes, ne
lui a pas encore dessillé les yeux. Dès lors, c’est
son protégé, Israël, qui exploite cet état
d’esprit. Faute d’avoir su s’intégrer à
un monde arabe où il a été artificiellement
implanté, il y a près d’un siècle, il
rêve maintenant de domination régionale. Et il a réussi
à entraîner à sa suite et pour l’épauler,
une Amérique endoctrinée par des sectes millénaristes
qui se préparent à la fin du monde en Terre Sainte.
Pour accomplir cette folle entreprise, il a réussi à
prendre en otage la Maison-Blanche, le Congrès en majorité
et les collectivités néo-évangélistes
de l’électorat républicain de M. Bush. Le président
des Etats-Unis d’Amérique ne voit plus le monde qu’à
travers le bout de la lorgnette que lui a collée sur l’œil
le très tentaculaire lobby juif.
Le monde entier
a beau s’émouvoir devant le crime dont le Liban est
victime et dénoncer l’absurdité de la politique
qui cherche à le justifier, rien ne peut ébranler
le puissant patron de ce déchaînement de folie: George
W. Bush. Le Ciel l’inspire.
***
Il ne reste
donc plus qu’à prier le ciel d’inspirer autrement
le cow-boy texan.
La voix qui pourrait être, désormais, entendue par
le Seigneur serait-elle celle de Condoleezza Rice? Apparemment,
c’est la seule personne intelligente de l’Administration
Bush, dont on n’a entendu jusqu’ici que de lamentables
voix de perroquets.
Mme Rice est
venue tâter rapidement le pouls à Tel-Aviv et au Caire
et même, courageusement, à Beyrouth. Elle avait déjà
enregistré les avis des dirigeants du royaume d’Arabie
et du royaume de Jordanie. Elle a pu se faire une image exacte des
tenants et aboutissants de la crise. En l’espace de vingt-quatre
heures, cette femme habile a pu nuancer ses premières positions
qui n’étaient, jusque-là, que le reflet de celles
de son patron.
Si maintenant,
dans un effort supplémentaire d’ouverture d’esprit,
elle réussit à aligner les Etats-Unis sur les avis
de ses partenaires européens qui ont une très vieille
expérience des affaires du Proche-Orient, il est possible
qu’on commence à entrevoir une issue logique à
cette crise de folie guerrière où M. Olmert et son
associé moustachu (dit “Travailliste”) se sont
laissés entraîner par des militaires pressés
de reprendre le contrôle direct du gouvernement.
Ce n’est
évidemment pas notre problème. Mais Washington pour
qui Israël est, désormais, le dernier point d’appui
indéfectible en Proche-Orient, aurait un intérêt
essentiel et direct à se faire une évaluation claire
des jeux de la politique intérieure israélienne.
Autrement dit,
si Washington veut pouvoir maîtriser sa propre politique orientale,
il lui faut d’urgence s’assurer du contrôle des
jeux politiques en Israël même et se libérer,
en même temps, du poids énorme que fait peser le lobby
juif sur toutes les structures du pouvoir américain.
***
Il faut bien
reconnaître que ce ne sont là que des vues de l’esprit.
En réalité, c’est trop tard. D’une part.
Et d’autre part, le peuple américain, l’électorat
dont tout dépend, n’est pas très sensible aux
problèmes que soulève sur le plan international, le
comportement de son gouvernement. C’est trop lointain, trop
compliqué.
De temps à
autre, quand la situation devient critique et que les grands organes
d’information commencent à s’y intéresser,
des groupements d’intérêts se hâtent de
mobiliser la rue pour des manifestations populaires à New
York ou à Washington. Mais dans un pays aussi vaste, un pays
continent, ce type d’agitation ne pèse pas lourd.
On a vu plus
d’une fois des manifestations populaires pour le Liban, pour
la Palestine, devant les portes de la Maison-Blanche, sur la colline
du capitole. Cela ne servait qu’à donner bonne conscience
aux organisateurs.
Quand les responsables
de l’Etat pratiquent l’art de fermer les yeux et de
se boucher les oreilles, il n’y a rien à espérer.
Parions tout
de même sur l’intelligence de Condy et sur son influence
à la Maison-Blanche pour ramener tout le monde dans “la
bonne direction”, selon l’expression consacrée
aux USA.
Entre Bush et
Condy, le destin balance.
Article paru dans "La Revue du Liban" du
29 juillet 2006