Il
n’y pas vraiment de partis politiques au Liban. Il y a des
petits magasins mais pas de partis politiques. Il faut arriver au
jour où on aura des partis politiques mais cela a besoin
d’une nouvelle classe politique. Avec ces gens-là,
on ne peut pas avoir une politique bien partie, une politique comme
il faut, car il ne suffit pas d’avoir un local, d’avoir
une pancarte et de donner un nom à un parti A ou B. Cela
n’est pas suffisant pour avoir un parti. Un parti, cela veut
dire avoir des programmes, des programmes concrets, des programmes
scientifiques, des programmes qui soient applicables, des programmes
qui attaquent les problèmes de la société au
point de vue économique, au point de vue chômage, au
point de vue maladie, écoles, universités. C’est
ça des partis. Ce sont des programmes scientifiques, clairs
et nets pour aider les gens, pour améliorer la vie des gens,
pour avoir une société qui soit meilleure et qui se
développe tout le temps.
Or
on n’a pas ça. Tout ce qu’on a, ce sont des partis
avec de grands slogans mais peu de contenu, rien de net, de clair
et de scientifique pour aborder les problèmes que la société
libanaise connaît. Et c’est cela qu’il faut faire,
c’est créer une nouvelle classe politique pour avoir
de vrais partis politiques libanais qui ont des programmes scientifiques
et clairs vis-à-vis de tous les problèmes, de tous
les sujets qui concernent la société libanaise et
cela a besoin de temps, bien sûr, pour absolument changer
la mentalité.
Ce
qu’on a en ce moment, c’est soi-disant des partis, mais
ce sont des magasins comme je l’ai dit et ce sont des magasins
qui appartiennent à une secte (communauté) libanaise
ou à une autre et ce sont des mouvements qui, à un
moment où à un autre, sont entrain d’aggraver
la situation entre les sectes politiques c'est-à-dire qu’ils
disent qu’ils sont contre la séparation des sectes
au Liban, qu’ils sont pour l’intégrité
de toutes les religions au Liban, mais ce n’est pas vrai.
Tout ce qu’ils font, c’est contre cela car leur existence
dépend du fait que les religions soient séparées
au Liban. Alors ils disent quelque chose et font autre chose parce
que leur intérêt, c’est le plus important et
leur intérêt, c’est de rester le zaïm ou
le leader d’une secte dans cette région de la montagne
ou dans cette région de la ville etc. et c’est là
qu’il y a un grand trou entre ce qu’ils disent et ce
qu’ils font et qui n’a rien à faire avec un parti
politique.
Etes-vous
pour le bipartisme ou pour le multipartisme ?
Je
suis pour le multipartisme tant que ce sont des partis qui ont des
programmes scientifiques et concrets pour améliorer la vie
des Libanais. C’est tant mieux.
Ce
que je vais vous dire maintenant est très important. La compétition
est essentielle dans une société car la compétition
pousse les gens à faire de leur mieux, à faire encore
mieux. C’est cela le problème que l’on a dans
le monde arabe : c’est l’existence de monopoles au point
de vue politique, au point de vue économique, au point de
vue social et le monopole, ce qu’il fait, c’est de créer
la paresse et c’est ce qui s’est passé avec le
monde communiste. C’est la paresse qui a détruit le
monde communiste car il n’y avait aucun sens de la compétition
dans l’économie communiste et c’est pour cela
que le monde communiste était beaucoup plus en arrière
que le monde occidental au point de vue économique et à
un certain moment, tout s’est détruit.
Donc
la compétition c’est le moteur de l’évolution,
c’est le générateur de l’évolution
et plus il y a de compétition, plus ce générateur
est grand. Ça nous donne envie de crier encore plus, de faire
encore plus de notre mieux pour avoir des idées plus fraîches,
plus profondes, plus claires, plus nettes etc. et c’est pour
cela que je suis pour un très grand nombre de partis mais
à condition qu'ils soient de vrais partis politiques comme
je le disais.
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