Halte aux incendies de forêt
motivés par
la soif du gain
Dégâts
environnementaux considérables en Asie du Sud-Ests
30 août 2005, Bangkok/Rome - D'énormes
incendies de forêt en Asie du Sud-Est, notamment en Indonésie, posent
de graves problèmes de santé et à l'environnement, entre autre en
créant une atmosphère étouffante dans la région, souligne aujourd'hui
la FAO.
"La plupart de ces incendies sont intentionnels. Ils sont planifiés
par des compagnies agroindustrielles qui cherchent à gagner de nouvelles
terres cultivables au détriment des forêts", a indiqué l'expert de
la FAO Mike Jurvelius.
"De telles pratiques sont prohibées par les lois en vigueur dans la
majorité des pays sud-asiatiques, lois qu'il est impératif et urgent
d'appliquer. Quant aux résidus des arbres et de la végétation, ils
devraient être utilisées de manière judicieuse ou détruits mécaniquement
afin de protéger la santé humaine et l'environnement", a-t-il ajouté.
Au moindre coût
En Asie du Sud-Est, la conversion des forêts en terres agricoles a
lieu le plus souvent dans des régions plates aux sols tourbeux, soit
sur les terres les plus productives pour l'agriculture. La conversion
des terres s'effectue généralement en coupant les arbres et en brûlant
les résidus: une façon d'obtenir des terres cultivables au moindre
coût.
Toutefois, un problème particulier se pose dans la région: les incendies,
qui se propagent parfois jusqu'à 20 mètres sous terre dans les
sols tourbeux, provoquent d'épais écrans de fumée, rendant l'air irrespirable.
Il est pratiquement impossible de les éteindre, même avec des canadairs
ou des hélicoptères. Par exemple, pas moins de 100 000 mètres
cubes de sol tourbeux peuvent brûler sur un seul hectare.
"Aussi longtemps que les gens ne prendront pas conscience du danger,
la lutte contre les incendies de forêt sera extrêmement coûteuse et
ne connaîtra qu'un succès limité", a affirmé M. Jurvelius.
"Ne brûlez pas, utilisez les machines"
La conversion des forêts en terres agricoles devrait s'effectuer selon
des procédures respectueuses de l'environnement, fait-on remarquer
à la FAO.
Au lieu de brûler les résidus des forêts, il convient d'utiliser des
machines pour hacher le bois et de l'utiliser pour le compost. Quant
au bois précieux, il devrait être utilisé pour la production de bois
d'oeuvre. Le défrichage mécanique des résidus des forêts coûte plus
cher, mais il est plus écologique.
"On note une forte demande sur le bois dans la région. Il convient
donc d'éviter tout gaspillage et de s'abstenir de le brûler", recommande
M. Jurvelius.
Oeuvrant en étroite coopération avec les gouvernements de la région,
la FAO prépare des directives volontaires pour gérer ces incendies
et procurer des ressources financières aux agences forestières. Des
accords de coopération régionale et sous-régionale sur la gestion
des incendies ont déjà contribué à atténuer les conséquences des feux
de forêt.
A titre d'exemple, en Méditerranée orientale et occidentale, les pays
riverains ont coopéré avec succès pour lutter contre les incendies
de forêt nonobstant leurs frontières nationales. Cinq pays aident
actuellement le Portugal à circonscrire de gigantesques feux de forêt.
GlobalAdvocacy.com
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